lundi 27 avril 2015

De la construction de l’as de l’aviation en tant que héros à la vérité historique : Guynemer et les pilotes de la Grande Guerre

Christian BRUN
Centre de Recherche de l'Armée de l'air (CReA), École de l'Air, 13 661, Salon Air, France

Le but de cette présentation est d’essayer de comprendre pourquoi Guynemer est devenu un héros dès la fin du premier conflit. Nous tenterons donc de faire ressortir les traits significatifs qui le différencient des autres as et plus globalement de l’ensemble des pilotes.
Cette présentation va donc suivre son parcours depuis son engagement jusqu’à sa disparition à travers les écrits et les témoignages. Il est en effet essentiel de décortiquer toutes les sources afin de comprendre comment les narrateurs ont construit et consolidé une figure mythique. Nous ne retiendrons ici que les caractéristiques, les qualités qui ont été utilisés par l’ensemble des écrivains. Ensuite, nous les comparerons avec celles des autres as de l’aviation, à savoir les pilotes qui ont obtenu au moins 5 victoires aériennes (effectif de 140 personnes). Enfin, nous tenterons de comparer ces éléments constitutifs avec ceux des simples pilotes de la guerre, c'est-à-dire ceux qui ont obtenu moins de 5 victoires (population de 1500 personnes tirée d’un fichier détenu par le Service Historique de la Défense). Nous allons donc nous appuyer sur les caractéristiques du héros et des as afin de vérifier si elles peuvent être appliquées à l’ensemble des pilotes.

Nieuport attaquant un Drachen
Peinture de Tiennick Kérével
Peintre de l'Air
www.kerevel.com/oeuvres.html


Les caractéristiques physiques
La littérature va inventer à Guynemer un parcours initiatique, une jeunesse riche en événements. Ces épreuves seront brillamment réussies et ce malgré le fait qu’il possède une santé fragile. Il va compenser cette faiblesse par son agilité et son intelligence. Ainsi, au sortir de ses études, il sera à la fois, héros épique, aventurier et rebelle. Son enfance a donc permis à ses biographes de préparer le futur grand as en mettant en avant ses dons et ses qualités.
La plupart des as étaient des sportifs, des aventuriers qui se passionnaient pour les sports mécaniques et particulièrement l’aviation ou l’automobile. C’est certainement cette caractéristique qui singularise Guynemer. En effet, à l’inverse des autres as ce n’est pas un sportif, ce n’est pas un athlète. Ce n’est pas un Dorme ou encore un Navarre, ou un Nungesser, il n’a rien d’un géant, d’un adulte. En ce sens, il est à part, il n’y a rien de viril chez ce garçon, il n’a rien d’un combattant.
Un pourcentage significatif d’as et de pilotes sont issus du monde du sport et sont même considérés comme de bons sportifs. 10 des 30 premiers as ont pratiqué (Boyau, Nogues, Chaput ou encore Haegelin) et 12 % de l’ensemble des pilotes étaient également des sportifs. C’est ici que se démarque Guynemer qui en plus de ne pas posséder le physique adéquate n’est pas un pratiquant. Ce passage de sa vie est celui dont les biographes se sont servis pour façonner le héros. Tout est fait pour bien montrer que rien ne le prédestinait à être l’égal des autres pilotes et pourtant il a fait mieux qu’eux.

Les études
La littérature mettra en avant ses études à Stanislas et surtout sa préparation à Polytechnique. C’est donc un lycéen brillant mais qui ne pourra pas se présenter au concours parce qu’il a des ennuis de santé. Ainsi on peut se demander si Guynemer est un cas à part et si cette caractéristique peut lui permettre de se distinguer des autres pilotes. Les statistiques font ressortir que sur les 30 premiers as, qui ont le même âge que Guynemer, 10 ont fait des études similaires, c'est-à-dire 33 % et parmi les 1500 pilotes analysés, 24 % sont des étudiants qui s’engagent directement dans l’aviation. Ces chiffres montrent que ce critère n’est pas significatif et ne peut en aucune manière le différencier.  

La jeunesse
Il est constamment fait référence à la jeunesse du héros. Guynemer est né en 1894 et a donc 20 ans au début du conflit. Si l’on observe l’âge des 140 premiers as on s’aperçoit que la moyenne est de 21 ans et demi à la même date ; en revanche lorsque l’on se penche sur l’âge des 10 premiers as, ils sont tous plus vieux de deux ans au moins. Si l’on calcule l’âge moyen des pilotes sur la population totale c'est-à-dire sur les 1500 pilotes analysés celle-ci est de 24 ans. Ainsi Guynemer peut être considéré comme étant un des plus jeunes as de l’aviation. Il est intéressant de souligner que 2 ans séparent Guynemer de la population des as et que celle-ci est deux ans plus jeune que la population de l’ensemble des pilotes. Il paraît donc tout a fait logique que l’on est pu mettre en avant cette jeunesse cette précocité lorsque l’on a fabriqué le héros. Mais on peut mentionner toutefois que Dorme, Fonck ou Haegelin sont aussi jeunes que Guynemer lorsqu’ils s’engagent.

Arme d’origine
Guynemer s’engage directement dans le service aéronautique. Ce point particulier est souvent mentionné dans le but de montrer cette passion, cette volonté de piloter. Lorsque l’on se penche sur l’origine des 140 premiers as la répartition est la suivante : 30 % viennent de l’infanterie, 26 % de la cavalerie, 21 % de l’aviation et 10 % de l’artillerie. Concernant les statistiques sur la population totale des pilotes nous obtenons des chiffres comparables. En revanche, on peut souligner que 1/5 des pilotes s’engagent directement dans le service aéronautique, comme Guynemer, et que cette particularité n’est donc pas un facteur significatif en ce qui concerne sa construction, mais par contre elle caractérise les as puisque la moitié des 10 premiers et 33 % des 40 premiers as s’engagent également directement dans l’aviation.

Opiniâtre et déterminé
Lorsque Guynemer décide de s’engager il sera ajourné cinq fois. Mais ses biographes soulignent qu’il est entêté. Il retournera donc régulièrement au bureau de recrutement. Tout est dit sur sa détermination. On nous présente son entrée comme tenant un peu du miracle, engagement qui sera dû essentiellement à sa ténacité, mais aussi à l’esprit visionnaire de ses supérieurs. Nous sommes là en présence d’une caractéristique propre à Guynemer et qui certainement le définit le mieux : il est têtu  et opiniâtre. Il entre donc dans le service auxiliaire en tant qu’élève mécanicien à Pau, où il est dit qu’il va devoir supporter les corvées. Il doit donc passer par cette phase d’initiation. Il sera ensuite mécanicien d’avions. Deux mois après son arrivée, on le propose comme élève pilote.
Les as  ne sont pas fait pour la guerre des tranchées, l’immobilisme de leur convient pas ; pour la plupart c’est l’aventure, le sport, la curiosité qui les animent. Pour beaucoup, en revanche, c’est tout cela aussi mais également le combat, l’action et l’agressivité. Certains seront reversés dans l’aviation sur leur demande après avoir mené des actions héroïques dans les tranchées (33 % des 40 premiers as).
Ainsi, la plupart d’entre eux ont attendu, comme Guynemer, quelques mois avant de pouvoir piloter. Cette phase d’apprentissage et d’attente n’est donc pas propre à Guynemer mais à l’ensemble des pilotes surtout ceux du début (seuls les quelques brevetés d’avant la guerre y échappent, c'est-à-dire 10 % d’entre eux). En revanche, lorsqu’ils partent en école tout s’accélère et on retrouve logiquement cette rapidité dans tous les parcours. Mais tout va très vite à partir de 1915 et surtout de 1916, les besoins en pilotes se font de plus en plus sentir, donc là encore rien qui puisse distinguer Guynemer.  

Des débuts laborieux
Il est donc admis pilote. Mais parce qu’il veut trop bien faire, il accumule les maladresses et les incidents ; il est trop nerveux, peut-être parce qu’il a peur de ne pas être à la hauteur. De façon plus édulcorée, ses biographes diront que c’est un « potache passionné ». Il quitte l’école de Pau pour celle d’Avord et va encore casser du bois. Il est considéré comme un « bousilleur » de zinc et a failli être radié du personnel navigant.
Il n’est pas le seul à casser du bois, la plupart des grands et probablement la plupart des autres pilotes ont eu des débuts difficiles et de plus il est intéressant de mentionner que le nombre de pertes en école est très important. Donc ici encore rien de très différent par rapport aux autres. Nous avons à faire au même type de pilotes. Les futurs grands as et la plupart des futurs pilotes ont quasiment tous des débuts difficiles.
Guynemer va donc débuter sa carrière en laissant une impression d’incompétence, d’insouciance et de maladresse comme la plupart des as même en ce qui concerne les débuts dans son unité où tout se passe très mal.
Les débuts des pilotes en escadrille sont quasiment toujours laborieux. Il est un trait que l’on peut souligner c’est que presque tous, connus ou moins connus, ont mis plusieurs mois avant de s’affirmer. La plupart des pilotes sont lâchés au bout d’une trentaine de jours il n’est donc pas question d’avoir fait ses preuves et d’être doué il est juste question d’avoir de la chance et de durer ; il est nécessaire pour eux d’avoir eu un bon moniteur, un bon parrain. C’est une constante que l’on retrouve dans tous les parcours des grands as, à savoir ce parrainage qui permet au pilote d’apprendre et de patienter.

Première victoire
Son premier succès est l’occasion pour le caporal pilote de dévoiler sa personnalité de chasseur. Il sera donc à la fois le gamin et le tueur. Le trait dominant reste bien entendu cette légèreté devant la mort, cette façon de braver le danger. Il sera aussi livré par la presse comme un précurseur. Cette notion est importante ; la chance et le mérite caractérisent de rares élus. Chaque as désire être le premier, le contexte et les « normes héroïques » leur en donnent le droit. Pour Guynemer la première victoire arrive très tôt c'est-à-dire 3 mois après l’obtention du brevet. En revanche il attendra 5 mois entre la première et la deuxième victoire.
Cette première victoire chez tous les pilotes est un catalyseur ; c’est le début de cette spirale que l’on peut qualifier de course aux sensations, aux victoires. Tous les pilotes confirmés et particulièrement les grands as recherchent le combat ; ceux qui ne courent pas après le « palmarès » ne seront pas dans le peloton. La première victoire chez les grands pilotes est obtenue assez rapidement (sauf pour Fonck, Madon ou encore Boyau) ; à partir de cette première victoire les autres s’enchaînent rapidement, c’est probablement ce qui caractérise le mieux ces pilotes exceptionnels. Si l’on procède à quelques statistiques il s’avère que dans les 10 premiers, 6 obtiennent en moyenne deux victoires par mois. Là encore rien ne permet de distinguer Guynemer.

Qualités professionnelles et durée
Tout d’abord il est nécessaire de mentionner que les as et Guynemer ont des aptitudes particulières : appréciation, jugement, mémorisation, rapidité dans la prise de décision et dans le traitement des informations. Mais ce qui caractérise le mieux Guynemer dans le combat c’est une technique simple et dangereuse.      
Beaucoup d’as ont de plus un avantage certain sur les autres : le fait d’avoir de l’expérience, le fait d’avoir vécu des « phases » qui se ressemblent et qu’ils savent répéter. Donc on peut dire que l’as est celui qui a su durer parce qu’il a à disposition un creuset d’expériences qui lui permet de se sortir de situations difficiles.
Il faut également mentionner que la guerre aérienne, les véritables combats ne débutent qu’à partir des années 1916, ce qui laisse le temps aux futurs as de se forger. Ils ont appris, ils ont été patients. Lorsqu’on regarde les statistiques il s’avère que 40 % d’entre eux ont su rester sur le front plus de 24 mois. Bien évidemment cela explique le palmarès.

Le pilote
Guynemer est toujours défini comme quelqu’un qui ne laisse rien au hasard. Tous ses gestes sont des réflexes qui lui permettent de trouver la trajectoire. Il est calme, mais peut se transformer en « prédateur ». Il doit apparaître comme le chasseur idéal. Il est nécessaire de rappeler que l’heure est à l’élimination de l’adversaire. Le combat aérien est plus un guet-apens qu’un duel, l’engagement chevaleresque un mythe plus qu’une réalité. Il recherche également l’efficacité. Pour tous les as de la Grande Guerre, il est primordial de rester dans le peloton de tête, ce qui implique une atmosphère de course à la violence et à la mort. Lorsqu’il attaque, Guynemer, contrairement à ce que l’on reproche à certains pilotes, fait toujours face à ses adversaires. Il ne rompt pas le combat, il revient à la charge.
Guynemer, mais également les as, sont toujours montrés comme faisant preuve d’un certain cynisme. Fonck en est probablement l’exemple le plus significatif. C’est le plaisir de la sensation plus que la joie de tuer dont on parle ici et tous les as l’ont ressentie. Les pilotes ne se délectent pas de la mort, mais de victoires ; tuer n’est pas un but c’est un passage obligé. De plus il faut mentionner que tous les as ressentent la même impression celle de gagner, celle de se surpasser. Ainsi ils ne participent pas à cette guerre industrielle, ils sont en décalage dans le conflit ; la mort qu’ils donnent n’est pas anonyme, la mort donnée n’est pas distante, ils participent physiquement à cette mort. 
La différence de Guynemer, des as par rapport aux autres pilotes, c’est le sentiment pour eux de maîtriser le destin, d’être acteurs de leur propre mort et de celle des autres.

Courageux et solitaire
La collision en vol ne lui fait pas peur. Le risque même de mourir carbonisé dans son avion ne semble pas le toucher. Ses biographes le décrivent comme quelqu’un qui rentre de mission serein et souriant, pas du tout ébranlé par les projectiles ennemis. Il frise l’inconscience, il agît naturellement sans se poser de question. C’est une caractéristique que l’on retrouve chez de nombreux as.
C’est un aviateur solitaire, qui effectue de longues « parties de chasse ». Il est seul jusque dans l’adversité puisque de l’autre côté des lignes on l’évite. C’est probablement cette recherche de solitude qui lui fera dire qu’il n’aime pas ce que la chasse est devenue : un combat de groupe qui va remplacer les sorties solitaires.
Les as préfèrent travailler seuls, ils ne partagent pas. Ils se distinguent par l’engagement car pour alimenter le tableau de chasse il est nécessaire de ne pas faire semblant. De plus il est évident que la seule façon de prouver cet engagement, c’est le trophée. Guynemer et les autres as de l’aviation peuvent se permettre d’être solitaires et donc courageux parce que la période le permet ; il est significatif de remarquer que 50 % des 25 premiers as ont obtenu une première victoire en 15 ou en 16. En revanche il est intéressant de comptabiliser les victoires obtenues en fonction de la nature des engins abattus. Ainsi, 40 % des 15 premiers as ont obtenu des victoires sur des Dracken ou des ballons. Ce n’est pas le cas d’un Guynemer, d’un Fonck ou d’un Madon.
 
Le Technicien
Guynemer nous est présenté comme cherchant toujours à améliorer son armement et son avion. Il indique toutes sortes de perfectionnements. Il est également mécanicien et armurier. Il essaye toujours de trouver de nouveaux procédés tactiques en adéquation avec ses innovations techniques. Il invente des nouveaux systèmes. L’accent sera donc mis sur ses capacités scientifiques et ses innovations technologiques.
Tous les bons pilotes sont de bons techniciens, ils connaissent leur avion. Guynemer comme Fonck, Madon ou comme Nungesser améliorent leur armement et ne laissent rien au hasard. Ils sont quasiment tous obsessionnels. Même lorsqu’ils testent leurs armes ils le font de façon méthodique. En ce qui concerne cet amour pour la mécanique on peut mentionner que 33 % des as étaient des passionnés. Sur les 1500 pilotes on en dénombre 40 % qui ont exercé une profession dans le domaine technique ou mécanique. Ainsi, là encore, cette passion n’est pas un trait particulier à Guynemer mais commun à l’ensemble des pilotes.

L’homme de l’extrême et des records
Guynemer a été descendu huit fois, il a même fait une chute de 3000 mètres. Il totalise 655 heures de vol effectuées entre 5000 et 7000 mètres d’altitude et cela sans aucun malaise. C’est un « surhomme ». Tout est fait pour mettre en avant son obstination et son abnégation. Il a surmonté des conditions climatiques extrêmes, des pannes, les batteries anti-aériennes et les « tueurs d’en face ». Tout comme Navarre ou Nungesser, il a bravé la mort et a eu beaucoup de chance. Tous, sauf Fonck, seront blessés et parfois à plusieurs reprises. L’exemple parfait est Nungesser et rares sont les pilotes qui ne sont pas écartés du front pour convalescence.
En ce qui concerne cette abnégation il est bon de souligner que la plupart des as qui sont issus de l’infanterie, de l’artillerie ou de la cavalerie ont été reversé dans l’aviation après avoir effectué des actions héroïques dans les tranchées. En effet 50 % des 20 premiers as se sont distingués pendant les différentes batailles. 

Le militaire
Guynemer comme beaucoup d’as de l’aviation de la Grande Guerre n’est pas un militaire de carrière, il est volontaire. La presse souligne qu’il mène ses combats dans le seul but de faire plaisir aux Poilus. Ses biographes, tout en faisant ressortir son caractère individuel, mettent en avant sa haute conception du devoir. On va tenter de le présenter comme un vrai chef militaire. On essaie de le positionner comme un meneur d’hommes. En 1917, il est, soit disant, le plus jeune officier de la Légion d’Honneur. Entré dans l’armée en tant que simple auxiliaire en 1915, il sera fait capitaine au mois de mars 1917. C’est une carrière fulgurante, un militaire qui saute les étapes et qui bouscule l’ordre naturel de l’avancement. Comme Guynemer, les as ne seront pas pour la plupart des chefs militaires parce qu’ils mènent leur propre guerre ; comme Guynemer ils sont solitaires et mènent leur propre combat. Rares aussi sont ceux qui commanderont. Ils représentent un type de militaires parfois incommandables, parfois insoumis. Comme Guynemer ils auront une carrière rapide et brillante. A la fin de la guerre on va leur demander de voler pour la victoire et non de voler pour leur victoire. Là encore, rien qui puisse différencier Guynemer des as de l’aviation.

La disparition
En ce qui concerne sa disparition, on ne retrouvera rien du corps et du « Vieux Charles », toutes les preuves matérielles ont été détruites. Le fait de ne pas avoir retrouvé sa dépouille entraîne bien évidemment le mystère qui va alimenter le mythe, la sanctification. Il va devenir ainsi l’exemple du grand disparu, du héros qui est mort jeune.
Mais, la disparition ils la connaîtront tous quasiment soit au cours de la guerre (39 % des 30 premiers as), soit même après la guerre au cours de meetings. Cette fin tragique n’est donc pas spécifique au héros.

Conclusion
Ainsi, si l’on essaye de faire ressortir tous les traits significatifs qui peuvent caractériser l’as « idéal » et pas seulement Guynemer, nous en arrivons à cette liste de qualités présentées ci-dessous.
Après leurs études, donc très jeunes, ils s’engagent directement dans l’aviation. Ils vont mettre beaucoup de temps en école avant d’être considérés comme des pilotes compétents. Il seront brevetés en 1914 ou en 1915 et vont obtenir rapidement une première victoire. Ils restent longtemps dans la même escadrille tout au long de leur carrière. Ils sont présents sur le front plus de deux ans et n’auront pratiquement pas de temps d’absence. Leurs victoires sont obtenues sur des avions et pas sur des ballons et la moyenne de victoires par mois est supérieure à deux. Ils sont obsessionnels dans leur façon de préparer le vol et minutieux en ce qui concerne le domaine technique : ce sont des pilotes d’essais. Ils volent la plupart du temps en solitaires, aiment les longues traques et ne possèdent pas spécialement les qualités du chef militaire. Ils meurent pour la plupart au combat. Il est évident que tous les as ne possèdent pas l’ensemble de ses qualités, mais ce qui caractérise Guynemer c’est qu’il les possède quasiment toutes.

Le Spad de Guynemer en combat aérien
Aquarelle de Tiennick Kérével
Peintre de l'Air
www.kerevel.com/oeuvres.html
Bibliographie sommaire
BATTESTI François, Les cigognes de Brocard au combat, Paris, La Pensée Universelle, 1975.
BORDEAUX Henry, Le chevalier de l’air ; Vie héroïque de Guynemer, Paris, Plon, 1936.
BORDEAUX Henry, Vie et mort des héros, Paris, Plon, 1937.
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CENTLIVRES Pierre, FABRE Daniel, ZONABEND Françoise (dir.), La fabrique des héros, Paris, Edition de la Maison des sciences de l’homme, 1998.
CHADEAU Emmanuel, Le rêve et la puissance ; L’avion et son siècle, Fayard, 1996.
GOYA Michel, La chair et l’acier ; L’invention de la guerre moderne (1914-1918), Paris, Tallandier éditions, 2004.
LAFFRAY Jean, Pilote de chasse aux Cigognes, Paris, Fayard, 1968.
LAFFRAY Jean, La « 3 », l’escadrille de Brocard et de Guynemer, Revue Historique de l’Armée, N° Hors Série, 1969.
Les grands dossiers de l’illustration, L’épopée de l’aviation, Turin, Le Livre de Paris, 1995.
MARCK Bernard, Le dernier vol de Guynemer, Paris, Acropole, 1991.
MORTANE Jacques, L’as des as au combat : Guynemer, Paris, Edition française illustrée, 1919.
PETIT Jean-Jacques, 1914-1918 : Les as de l’aviation, Paris, Heimdal, 1992.
PORRET Daniel, Les as français de la Grande Guerre, Paris, Cedocar, 1983.
ROY Jules, Guynemer, l’ange de la mort, Paris, Albin Michel, 1986.
SAUVAGE Roger, Les conquérants du ciel, Paris, Le Livre Artistique, 1960.

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